| 04 avril 2018
Nomade des mers phase 2 : la Mission Biosphère

Après un tour du monde d’un an et demi, Corentin de Chatelperron a lancé la phase 2 de son exploration low-tech : la Mission Biosphère. Son projet : vivre en autonomie sur une plateforme low-tech pendant 4 mois.

Le 20 février 2018, le capitaine du Nomade des Mers a quitté le navire pour réaliser une expérience inédite : créer une base de vie autonome low-tech. Pendant 4 mois, seul sur une plateforme flottante au large de la Thaïlande, Corentin vivra en totale autarcie.  Sa mission : répondre à l’ensemble de ses besoins de base (accès à l’eau, à l’énergie, autonomie alimentaire) grâce aux low-technologies les plus prometteuses répertoriées pendant la première partie de l’expédition.

Dans ce contexte d’autonomie sous-contrainte, Corentin interrogera l’usage de ces systèmes pour valider leur pertinence au quotidien ainsi que l’impact d’une telle expérimentation sur l’Homme.

 

Expérimenter les interactions entre low-tech

Véritable écosystème autosuffisant, les différentes low-tech rassemblées sur la plateforme fonctionneront en interaction. Une des missions de l’expérience est comprendre l’usage de ces low-tech et de documenter leurs interactions pour, à terme, proposer des outils de diffusion et de documentation au monde entier.

Une mission suivie et coordonnée par une équipe d’experts

Lors de son expérience sur la plateforme, Corentin sera assisté à distance par une équipe d’experts qui répondront à ses questions techniques et l’aideront à orienter ses choix au quotidien. Différentes données de la Biosphère seront également relevées et transmises à des spécialistes de plusieurs domaines scientifiques pour être étudiées et valorisées : étude physiologique et du parcours nutritionnel de Corentin, captations des données météorologiques et des cultures de plantes …

Objectif à long terme : un système base-vie low-tech réplicable à large échelle

Ces outils serviront au développement d’un protocole de dimensionnement pour la création de bases-vie déployables dans d’autres milieux, telles que des zones sinistrées ou pauvres en ressources. Economes, durables et rapides à déployer, ces systèmes de vie frugaux pourraient constituer une alternative intéressante aux protocoles d’aide actuellement mis en place. Cette étude in-situ pourrait donc permettre de répondre, avec une grande sobriété, à un grand nombre de besoins et de défis ciblés par les Objectifs de Développement Durable.

 

 

 

L’aquaculteur voisin le plus proche est passé. Il m’a apporté des petits beignets frits sucrés et un sachet de café… Je l’ai remercié chaudement et j’ai jeté son cadeau à l’eau quand il est parti. Le café me manque. »

Corentin de Chatelperron, extrait du journal de bord #missionbiosphereLT

Extraits du journal de bord de Corentin

 

Journée 1. L’équipe est partie. Immense satisfaction de regarder en arrière, de repenser au moment ou l’idée de la plateforme a germé puis de me retrouver là, seul, prêt pour ces 4 mois d’expérimentation low-tech.

Un peu vertigineux aussi. Mais pas le temps de philosopher. Il me faudra au moins 15 jours pour terminer la construction et l’installation de toute la biosphère.

 

Journée 2. Je m’aperçois que j’ai négligé les patates. Mes 5 plants font grises mines. Symptômes : Feuilles jaunes et pas de signes de développement. C’est un peu inquiétant. Les patates sont la base de mon régime alimentaire. Je dois en manger 1,2kg par jour. De plus, je débute l’expérience avec 60kg de patates importés de la terre ferme. Il faudra donc, dans 4 mois, que j’ai un surplus de 60kg pour être arrivé à l’autonomie/patates.

J’ai testé leur cuisson selon la recette suivante : Je place les patates dans un bocal en verre avec de l’eau salée dans le four solaire, une low-tech qui chauffe les aliments grâace à la concentration des rayons du soleil. J’ai laissé cuire la journée. Résultat : c’est infect. Et ça pourrit en 24 heures. Il va falloir que je trouve une autre recette…

 

Jour 3. J’utilise 15 litres d’eau par jour. Mais cette consommation va monter en flèche au fur et à mesure de la croissance de la spiruline et des plantes.

Mon stock d’eau ramené de terre pour débuter l’expérience est de 340 litres. Il faut que je tienne avec ça jusqu’à la construction des désalinisateurs, une lowtech qui permet de rendre l’eau de mer douce et potable et qui me permettra un approvisionnement d’eau régulier. Ça me stresse.

À propos de l'auteur
Charlotte Genest