| 26 février 2021
Penser et explorer la low-tech à l’échelle des organisations : le Low-tech Lab lance ses enquêtes. Entretien avec Quentin Mateus.

Depuis 2015, le Low-tech Lab documente et diffuse les low-tech au travers de différentes explorations et expérimentations. Si cette philosophie du faire mieux avec moins est une façon accessible d’agir à l’échelle individuelle, elle montre également un potentiel important de développement pour les collectivités et les entreprises. C’est donc pour accompagner la professionnalisation et identifier les enjeux d’une plus large implémentation des low-tech à l’échelle du collectif que l’association a lancé fin 2020 un nouveau projet : Les enquêtes du Low-tech Lab.

Entretien avec Quentin, porteur du projet.

Pourquoi cette idée des enquêtes du Low-tech Lab ?

Nous nous sommes rendus compte que les tutoriels en ligne, bien qu’essentiels, restreignent la low-tech à l’usage des bricoleurs, des makers, éventuellement des artisans, ou aux contenus pédagogiques. Ce qui est très intéressant en soit, mais ne fait pas forcément voir la low-tech pour ce qu’elle est ou pourrait être :  un levier de changement de société, une alternative au modèle actuel. On peut trouver ça un peu exagéré mais quand on regarde les principes qui sont au cœur de ces techniques et qu’on les décline à plus grande échelle, cela donne une société bien différente de celle d’aujourd’hui.

Nous avons aussi remarqué qu’il y avait parfois quelques dérives, des réappropriations et des procédés qui ne correspondaient pas à l’essence de ce qu’est pour nous la low-tech. On a donc essayé, à une période, de « faire la police » pour éviter qu’elle perde son âme et s’éloigne de son objectif. Mais avec du recule, nous nous sommes dit que, plutôt que de brider les gens, par exemple quelqu’un qui veut monter une entreprise en partant d’une solution low-tech et ainsi vivre d’une activité à impact positif, nous pouvions peut-être les inspirer à le faire différemment.

« On veut utiliser des exemples concrets pour  montrer qu’une autre voix est possible. »

Partant de ce constat, quelle a été votre idée ?

L’idée que nous avons eu est d’aller rencontrer des entreprises, des associations, des coopératives qui ne se revendiquent pas forcément low-tech, mais chez qui on retrouve les valeurs sociales, les principes techniques, le rapport au monde et aux autres, qui forment cette philosophie de la sobriété, de la soutenabilité et de la convivialité. On n’y documente plus seulement la technique mais aussi leurs modèles juridique, de production, de gouvernance, économique, pour essayer de donner à voir et à comprendre une certaine diversité d’exemples cohérents, et d’identifier des points communs, des étapes clés.

On pense pouvoir cibler deux publics différents : en premier ceux qui sont déjà convaincus par la démarche low-tech sur le plan technique, social ou environnemental, et qui aimeraient en faire quelque chose (leur métier au quotidien, contribuer à ce mouvement, y trouver leur place) mais ne voient pas encore comment s’y prendre et passer à l’action. Ensuite les entreprises, car beaucoup commencent à voir les limites de leurs modèles actuels d’activités. Nous voulons utiliser des exemples concrets pour leur montrer qu’une autre voix est possible, qu’elles peuvent décider de changer pour s’y engager, et ainsi trouver elles aussi leur place dans ce monde d’après.

A quoi peut-on s’attendre ?

A rencontre, une étude de cas est réalisée pour détailler le fonctionnement de l’organisation et son rapport à la low-tech. Chaque enquête est partagée à travers un article, une vidéo et un podcast, afin de retransmettre au mieux les apprentissages et la vision des personnes interrogées. Parmi celles-ci on retrouve notamment le premier artisan boulanger de France fonctionnant avec un four solaire, une conserverie bretonne, ou encore une association d’accompagnement vers des modes de vie plus soutenables.

Rendez-vous au mois de mars pour découvrir les résultats des premières investigations !

À propos de l'auteur
Emile Desroses